Rapports sociaux, Familles, Genre et Sociétés Contemporaines

Quand les femmes se réveilleront le monde changera

SOC 331.B Sociologie de la Jeunesse

Classé dans : Non classé — 25 novembre, 2008 @ 15:59

Pr. Fatou DIOP SALL 

25 H de  Cours 

 

L’objectif de cet enseignement est double. Il s’agit d’abord de fournir  aux étudiants des connaissances  sur les processus de socialisation dans les sociétés africaines. Ensuite une démarche comparative est proposée  aux étudiants afin de comprendre  et expliquer les changements sociaux  intervenus  sur le continent et partant, les conséquences  engendrées  au niveau  de l’éducation,  la formation, la participation politique etc.  La  socialisation, elle est l’inculcation des normes et valeurs, car sans ces normes valeurs, la société connaît des dysfonctionnements. La socialisation est effectuée par des institutions et des agents comme la famille, l’école, et les médias. E. Durkheim pose comme principe de base de la socialisation l’idée suivante: «à l’être égoïste et asocial qui vient de naître, elle (la société) en surajoute un autre, capable de mener une vie morale et sociale » 

 C’est pourquoi  dans  « La socialisation en procès : conflits, enjeux et dynamiques » Pascale Garnier soutient que « : deux modèles théoriques de la socialisation s’opposent : le premier l’aborde comme contrainte légitime, devant conduire l’enfant, être déficitaire, à souhaiter entrer dans l’ordre des adultes ; le second valorise les interactions et compétences juvéniles, au travers de situations permettant la construction de soi. Ces modèles ne sont pas sans lien avec les évolutions des contextes socio-historiques dans lesquels sont vécus l’enfance et l’âge adulte. En fait, la socialisation doit être pensée, entre psychologie et sociologie, comme activité des jeunes pour naviguer entre deux mondes, moins comme anticipation de la vie adulte que comme projection vers le futur. 

La jeunesse quant à elle  se situe dans des « entre deux », à la fois dans ce passage entre deux « mondes sociétaux » différents et dans une période transitoire qui s’allonge de plus en plus entre l’enfance et la « vie adulte » caractérisée par une phase intermédiaire d’indétermination et d’expérimentation (Galland, 1997) participant à la construction de son identité sociale (Dubar, 1991) mais aussi à la transformation du système social. La jeunesse d’aujourd’hui fait l’expérience de ces nouveaux modes de socialisation plurielle constitutifs de l’individu contemporain, se construisant à partir d’une pluralité d’expériences faites dans des espaces sociaux hétérogènes et appelée à s’adapter sans cesse à un monde en mutation, marquant ainsi« l’inachèvement de l’homme » (Lapassade, 1978). 

Les jeunes naviguent dans des « eaux incertaines » où ils construisent leur vie à partir d’expériences multiples, obligés d’être stratèges et d’innover dans les marges de liberté du système social institué par la génération précédente. Ces investissements multiples, ces discontinuités dans les parcours de vie, ce vagabondage et ces modes d’agir que Roulleau-Berger (1991) appelle les « cultures de l’aléatoire » caractériseraient le comportement de la jeunesse contemporaine…. 

 Ceux qui possèdent les capitaux sociaux, culturels et/ou économiques en sortiront gagnants. De même ceux qui auront les qualifications supérieures et les compétences multiples. A l’autre bout de l’échelle sociale, les « perdants » entameront une « carrière de déviant » (Becker, 1985) ou basculeront dans la « galère » (Dubet, 1987). 

Nous avons étudié plus particulièrement l’évolution des processus de socialisation de jeunes qui posent des problèmes sociaux et qui sont considérés comme « déviants » car en difficulté d’intégration, aux prises avec l’incertitude dans des trajectoires chaotiques, confrontés à des difficultés d’insertion sociale et professionnelle qui peuvent les amener à se sentir « exclus » de la société, « étrangers » dans un environnement social qui leur semble éloigné de leurs idées ou de leurs idéaux. Cette « jeunesse en difficulté » est une construction sociale qui s’est développée avec les problèmes rencontrés par les institutions à propos de jeunes qui avaient 

des difficultés de socialisation et qui a été catégorisée progressivement comme délinquante ou inadaptée puis en difficulté et aujourd’hui menacée d’exclusion ou « en errance », les institutions sociales participant à cette stigmatisation (Bouamama1997, Bondu 1998, Bordet, 1998). Elle habite principalement les quartiers dits « sensibles » (Dubet et Lapeyronnie, 1992) et se manifeste entre autre dans les « violences urbaines » (Mucchielli, 2002), marquant ainsi une rupture dans la relation avec le monde « adulte » et une impossibilité de construire et de mettre en sens sa vie face aux dominations subies. » 

Dans sont texte sur   « Rêve d’ailleurs : la migration des jeunes africains en formation universitaire »  Abdoulaye s’interroge aussi  sur  ce que jeune veut dire ?    Pour lui, le concept de jeune est problématique, comme le souligne nombre d’auteurs (Durham, 2000 ; Establet, 1994). Catégorie ou classe socialement construite ? Entité biologiquement déterminée ? Simple invention de laboratoires de recherche ? Dans les travaux qui portent sur les jeunes se dégagent en effet plusieurs conceptions de ceux-ci qui semblent confirmer que le terme de jeune est tout cela à la fois et peut-être même davantage. 

    Si la classe sociale et le champ professionnel par exemple  sont capables de déterminer le sens de jeune, il est fort probable que l’ethnicité ou la culture nationale puissent à leur tour l’influencer. Si bien que le terme de jeune pourrait ne pas véhiculer le même sens à partir des sociétés africaines par comparaison aux sociétés européennes. D’ailleurs, jadis dans les premières sociétés, à travers des pratiques telles la circoncision, des marqueurs sociaux  du passage ou de la sortie de la catégorie de jeune étaient inventés, marqueurs que l’on ne retrouvait pas dans les sociétés européennes (Droz, 2000) 

    Dans la plupart des sociétés de l’Afrique contemporaine, on est en mesure d’entrevoir une certaine division par catégories d’âge qui repose sur une sorte d’assignation de rôles ou de privilèges. Il y existe au moins trois catégories d’âge principales : celle d’un enfant, celle de jeune et celle de vieux qui renferme en son sein de nouvelles divisions que l’on n’explicitera pas ici puisque ce n’est pas le propos. Les enfants sont bien souvent des acteurs économiquement soutenus et dominés, placés sous la tutelle des adultes. Les jeunes, en revanche, sont des acteurs de qui l’on attend qu’ils manifestent un soutien matériel aux vieux, dont ils assurent la descendance en même temps qu’ils se placent dans une relation inégalitaire à leur égard

 

 

Plan du Cours 

Introduction 

I-                   Sociétés et socialisation 

II-                Système éducatif et formation 

III-              Politiques de jeunesse et emploi 

IV-             Les jeunes face à la crise 

Textes 

Pascale Garnier « La socialisation en procès : conflits, enjeux et dynamiques »  in  VEI Enjeux, n° 120, mars 2000. 

Gora Mbodj : « Domaines et dimension de la crise sociétale de la jeunesse au Sénégal » in Université Recherche et Développement, n°2 octobre, pp 37- 49. 

Jean Paul Mutombo : « Jeunes et éducation en Afrique subsaharienne » in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne,  Presse universitaire de Laval, 2007, pp 25 48. 

Yao Assogbo : « Exclusion et pratique d’insertion des jeunes urbains en Afrique subsaharienne », in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, pp 49 63. 

 Abdoulaye Niang : « Jeunesse africaine et changement social » in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, pp 7 24. 

Héléne Bouchard : « Les jeunes commerçantes de Dakar continuité et changement » in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, pp 105 122. 

Momar Coumba DIOP : « Le syndicalisme étudiant : pluralisme et revendication » in le Sénégal trajectoire d’un Etat. 

Abdoulaye Gueye : « Rêve d’ailleurs : la migration des jeunes africains en formation universitaire » in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, pp 65 83. 

Mamadou Ndongo Dimé : « Galérer, bricoler, partager contester et rêver : figures de la précarité juvénile à Dakar » in Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, pp 123 143. 

 

Bibliographie sélective 

1)     Assogba, Y (sous la direction), Regard sur la jeunesse en Afrique subsaharienne, Presse universitaire de Laval, 2007, 147 p. 

2)     Bachman, C,  Jeunes et banlieue, Intégration et exclusion dans la société française contemporaine, in G, ferrol (dir), PUL 1994. 

3)     Balandier, G,  Sociologie des mutations,  Paris, Anthropos,  1970. 

4)     Bourdieu, P, Questions de sociologie, la jeunesse n’est qu’un mot, Paris Ed  de Minuit, 1984. 

5)     Charmes, J, Face à l’ajustement : quelle activité et quels revenus, Colloque : jeunes, villes, emploi, Séance plénière n°2. 

6)     Crépin, X et Querrien, A, Diversité des villes et des politiques urbaines et insertion des jeunes, Colloque : jeunes, villes, emploi, Séance plénière n°2. 

7)     COQUERY, V. C., et all., Les jeunes en Afrique : Evolution et rôle (XIXème  et XXème)  Paris, Payot,  1983. 

8)     Dubard, C, L’Autre jeunesse : jeunes stagiaires sans diplôme, P U de Lille, 1987. 

9)     Dubard, C, La socialisation, construction des identités  sociales et professionnelles, A Colin, 1991. 

10) Galland, O, Sociologie de la jeunesse. L’entrée dans la vie, Paris, A Colin, 1991. 

11) DIOP, M, C (sous la dir), le Sénégal trajectoire d’un Etat, Codesria, Karthala, 1992, 500p. 

12) Membe,  J, A,  Les jeunes et l’ordre politique en Afrique noire. L’Harmattan 1985. 

13) .Mauger, G, Jeunesse l’âge des classements, Recherches et prévision, 40, jeunesse le plus bel âge de la vie ? 1991. 

14) Ndiaye, A, I et al, Rapport sur l’insertion des jeunes sénégalais dans le monde du travail  (secteur formel et informel) expériences et perspectives. 

15) Thérail, J-P, La Dynamique des Générations, L’Harmattan, 1995.  

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