Rapports sociaux, Familles, Genre et Sociétés Contemporaines

Quand les femmes se réveilleront le monde changera

SOC 331.A Socio-anthropologie de la Personne

Classé dans : Non classé — 25 novembre, 2008 @ 15:48

                                                                    Pr. Fatou DIOP SALL 

                                                                             25 H de  Cours

 

 

Cet enseignement a pour but de familiariser l’étudiant  avec l’analyse symbolique  des  sociétés africaines. Pour cela, il s’appuiera sur le processus de socialisation en Afrique. Il sera question durant cet enseignement  de voir la prégnance du groupe  et de la culture sur la socialisation et la compréhension de la personne. Nous prendrons des extraits des textes de Mauss, Naffet Keita, Nicole Slndzingre  etc.,  pour exposer la problématique de ce cours.

 Mauss identifie  diverses définitions de la notion de personnes selon les contextes et les cultures, les structures sociales. En effet, le sens donné à la notion de personne  varie en fonction de  l’espace et du temps. 

Selon lui, « Au contraire des Indous et des Chinois, les Romains, les Latins pour mieux dire, semblent être ceux qui ont partiellement établi la notion de personne, dont le nom est resté exactement le mot latin. Tout au début, nous sommes transportés dans les mêmes systèmes de faits que ceux qui précèdent, mais déjà avec une forme nouvelle : la « personne » est plus qu’un fait d’organisation, plus qu’un nom ou un droit à un personnage et un masque rituel, elle est un fait fondamental du droit. » 

 

Par contre « tout sonne autrement chez les Classiques latins et grecs de
la Morale (IIe siècle avant à Ive siècle après J.-C.) : [...] n’est plus que persona, et, chose capitale, on ajoute de plus un sens moral au sens juridique, un sens d’être conscient, indépendant, autonome, libre, responsable. La conscience morale introduit la conscience dans la conception juridique du droit. Aux fonctions, aux honneurs, aux charges, aux droits, s’ajoute la personne morale 

Marcel Mauss,  (1938)  « Une catégorie de l’esprit humain : la notion de personne celle de “moi” » 23 

         

Dans « Fait social et formation du caractère »Sociologie et sociétés, vol. 36, n° 2, 2004, p. 135-140, Mauss reviens sur la distinction entre la notion de personne et de personnage. Pour lui,  « L’homme a été longtemps un personnage avant d’être une personne. Sa place, son rang, son rôle ont été son tout avant d’être sa simple vie intérieure. Il s’agit par le temps qui court de fabriquer des «personnes humaines». 

        

Dans la partie intitulée « La personne humaine était un être indifférencié », Naffet Keita soutient que « toute société dispose d’un savoir concernant l’être humain en tant qu’individu situé dans le corps social (Mauss) c’est dire que chaque conception du moi dans une société donnée est reliée aux institutions et aux valeurs de cette société, à la fois comme cause et effet. 

Qu’il s’agisse des Bambara, des Songhay ou des Tamacheq, l’individu est pensé comme un noeud ou une convergence de signes ou de relations: un élément généalogique et participe d’un ensemble, la société, en dehors de laquelle, il ne saurait conserver quelque consistance  que ce soit. Notons, par ailleurs, que toutes ces sociétés (Bambara, Songhay et Tamasheq) accordent d’égale valeur à deux  choses que sont la langue et le sexe. Pour les Bambara donc, « la langue, symbole du verbe créateur et organe d’expression de la conception intellectuelle, c’est par elle que sont véhiculés les grands principes de la vie (savoir faire, savoir être); le sexe ou plus exactement le gland chez l’homme et le clitoris chez la femme, les témoins (seere), de la procréation biologique » (Cissé 1973: 143). De ce qui suit, nous tirons les réflexions suivantes: le premier critère de différenciation de la personne humaine indifférenciée, d’après la tradition du Komo, est le sexe.

       

Est-ce que la femme, comme le chante Aragon, « est l’avenir de l’homme » ? Selon Naffet Keita, elle en est le passé. Et même s’il est difficile de croire que toutes les représentations de la femme que l’histoire ou la mémoire nous livre aient été faites pour montrer une déesse unique, elles relèvent au moins, comme première dévotion humaine, une universelle vénération des attributs et des fonctions de la féminité, l’adoration de la maternité en tant que principe divin ou mère universelle : la terre, procréatrice de la vie, elle incarne la fécondité.      

 Tabet (1985) soutient qu’entre la capacité et le fait de procréer s’interposent des interventions sociales sur le corps, la sexualité et la volonté des femmes, qui vont moins dans le sens d’une limitation des naissances que dans celui d’une rentabilisation des possibilités biologiques. Ces manipulations sont permises par deux particularités de l’espèce humaine : la relative infertilité compassée par la régularité et la fréquence de rapports sexuels (principalement par le mariage) et la dissociation entre pulsion sexuelle et mécanismes hormonaux de la procréation. On voit par-là que la femme ne contrôle plus absolument la procréation, elle ne sera plus qu’un « terreau de signes » où l’homme consentira à déposer sa « divine semence ». Le bouleversement des croyances qui s’accomplissait ainsi au sujet de la procréation devait s’accompagner du renversement des valeurs et des structures des sociétés humaines, non pas comme nous l’avons déjà souligné, nous croyons que le matriarcat aurait été un stade obligé de l’évolution de toutes les civilisations. La maîtrise que l’homme imagine avoir atteinte sur la vie, il va donc la vouloir totale. Il exigea la soumission inconditionnelle des femmes et son besoin de progéniture tournera au délire. Au lieu de faire confiance à la fécondité spontanée de l’espèce, il faudra croître et se multiplier à tout prix. Ce sera le premier impératif du patriarcat. C’est l’obsession de la reproduction qui institue la polygamie. C’est la tendance que nous noterons dans les sociétés agricoles (Bambara et Songhay) contrairement.  Naffet KEÏTA Vers une anthropologie des mécanismes sociologiques de construction des lieux de légitimation de la domination et de l’inégalité des sexes en Afrique de l’ouest : les sociétés Bambara, Songay et Touareg.  

        

S’agissant des rites de passage, Nicole Slndzingre  convoque des auteurs comme Van Gennep ,qui considère que « la fonction attribuée  aux rites de passage est de transférer des individus d’un statut, d’un état, d’un être social à un autre : ainsi, les rites initiatiques pubertaires, obligatoires pour l’un ou l’autre sexe font accéder à l’individu au statut de membre « à  part entière » de son groupe- ils inscrivent leur appartenance dans le corps et dans les mémoires – éventuellement à un statut sexuel déterminé ; ce transfert s’effectue suivant une structure temporelle en trois phases ordonnées( rituels de séparation, de mise en marge – la liminalité de Turner- et de réagrégation » Nicole Slndzingre : « Un Excès par défaut : excision et représentations de la féminité », in  L’Homme, Année 1979, Volume 19, Numéro 3 p. 174.            

Cependant, Nicole Slndzingre  précise que « si l’on ne s’en tiens pas seulement à la forme rituelles, les analogies entre la circoncision et l’excision semble tourner court. En effet, en terme d’intégrité corporelle, il n’y a aucune congruence physiologique entre les deux opérations. Par ailleurs, espaces, temporalités et acteurs sont affectés d’indices différents pour l’un et l’autre rituels : l’excision comme rite « abrégé », « familial » centré sur l’individu, est un thème remarquablement fréquent de  la littérature anthropologique, en contraste avec la circoncision comme rituel collectif fortement valorisé socialement. ». Nicole Slndzingre : « Un Excès par défaut : excision et représentations de la féminité », in  L’Homme, Année 1979, Volume 19, Numéro 3 p. 174.       

Au terme du cours, l’étudiant doit être en mesure  de faire l’articulation  théorique entre  la personnalité et la culture  et de caractériser le processus de socialisation dans les sociétés contemporaines

 

Plan du Cours 

            Introduction

I-                   La notion de personne dans les sociétés africaines

II-                Les jumeaux dans la tradition grecque : l’exemple des sociétés occidentaux

III-             Sociétés, Féminités et rites de passages

IV-             Sociétés, Masculinités et rites de passages

 

Textes 

Marcel Mauss (1938) « Une catégorie de l’esprit humain : la notion de personne celle de “moi” » Article originalement publié dans Journal of the Royal Anthropological Institute, vol. LXVIII, 1938, Londres (Huxley Memorial Lecture, 1938). 

 

Naffet KEÏTA Vers une anthropologie des mécanismes sociologiques de construction des lieux de légitimation de la domination et de l’inégalité des sexes en Afrique de l’ouest : les sociétés Bambara, Songay et Touareg. 

 

Alassane Ndao « Chapitre III : Le savoir de l’homme ou la notion de personne dans la pensée négro-africaine », in La pensée Africaine NEAS 1997. 

Nicole Slndzingre : « Un Excès par défaut : excision et représentations de la féminité », in  L’Homme, Année 1979, Volume 19, Numéro 3 p. 171 – 187. 

Patricia Hidiroglou, « Pidyon ha-ben. Le rachat du nouveau-né dans la tradition juive » L’Homme, Année 1988, Volume 28, Numéro 105, p. 64 – 75. 

 

Claudie Voisenat « 
La Rivalité, la séparation et la mort Destinées gémellaires dans la mythologie grecque » L’Homme, Année 1988, Volume 28, Numéro 105, p. 88 – 104. 

 

Gora Mbodj : « Domaines et dimension de la crise sociétale de la jeunesse au Sénégal » in Université Recherche et Développement, n°2 octobre, pp 37- 49.

 Dossier sur : 

-         La parenté à plaisanterie

-         Les totems

-         L’initiation des filles

-         L’initiation des garçons

-         Le nom

BIBLIOGRAPHIE 

AUGE  Marc Les domaines de la parenté, Paris, Maspero, 1975. 

CISSE  Yousouf, Système de pensée en Afrique Noire CNRS, 1981. 

 

ERNY  Pierre: L’enfant et son milieu en Afrique noire, L’Harmattan, 1987, 311p

IZARD Bonte : Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, PUF Quadrige 2002.

Griaule Marcel : «  Nouvelles recherches sur la notion de personne chez les Dogons, Paris,Journal de Psychologie, 1947.

Hidiroglou Patricia, « Pidyon ha-ben. Le rachat du nouveau-né dans la tradition juive » L’Homme, Année 1988, Volume 28, Numéro 105, p. 64 – 75. 

 

LOMBARD Jacques, Introduction à l’ethnologie, collection Cursus, série « sociologie ».

Ndao Alassane « Chapitre III : Le savoir de l’homme ou la notion de personne dans la pensée négro-africaine », in La pensée Africaine NEAS 1997.

Mauss Marcel (1938) « Une catégorie de l’esprit humain : la notion de personne celle de “moi” » Article originalement publié dans Journal of the Royal Anthropological Institute, vol. LXVIII, 1938, Londres (Huxley Memorial Lecture, 1938). 

 

Mbodj Gora : « Domaines et dimension de la crise sociétale de la jeunesse au Sénégal » in Université Recherche et Développement, n°2 octobre, pp 37- 49. 

RIVIERE Claude, Socio-antrhopologie des religions. 

 

« Les patronymes au Sénégal », in Nouvel Horizon. 

Claudie Voisenat « 
La Rivalité, la séparation et la mort Destinées gémellaires dans la mythologie grecque » L’Homme, Année 1988, Volume 28, Numéro 105, p. 88 – 104.
 

 

 

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